LE RAPPORT DU PROJET SKY CANADA
Un nouveau rapport fédéral canadien, publié par le projet Sky Canada à la demande de la conseillère scientifique en chef Mona Nemer, recommande la création d'un organisme public et transparent pour gérer les observations d'OVNI (ou phénomènes aériens non identifiés – PAU).
Actuellement, les signalements sont répartis entre plusieurs ministères (Transports Canada, NavCanada, Agence spatiale, etc.), ce qui rend la recherche scientifique difficile en raison de protocoles fragmentés.
Le rapport souligne qu'il existe des phénomènes aériens inhabituels, mais que le manque d'information fiable et centralisée freine l'analyse rigoureuse. Il recommande donc un cadre fédéral unifié pour la collecte, l'étude et la publication des données.
Le Canada avait déjà un tel bureau sous le Conseil national de recherches entre 1967 et 1995, mais il a été démantelé. Le chercheur Chris Rutkowski [1], qui conserve depuis une base de données importante sur les OVNI, a contribué au rapport.
Malgré des efforts accrus aux États-Unis (comme l'AARO du Pentagone, des enquêtes de la NASA et des audiences au Congrès), aucune preuve définitive de vie extraterrestre n'a été trouvée, indique aussi le rapport Sky Canada.
La plupart des observations d'UAP (phénomènes aériens non identifiés) s'expliquent par des causes connues : avions, drones, ballons, phénomènes atmosphériques, satellites, etc.
Cependant, certains cas demeurent inexpliqués même après enquête, ce qui entretient l'intérêt culturel pour le sujet.
Comme l'explique Chris Rutkowski, ces phénomènes étranges ne prouvent pas une origine extraterrestre, mais montrent qu'il existe des cas réellement déconcertants.
Le rapport Sky Canada recommande d'accroître la transparence sur les cas d'UAP pour lutter contre la désinformation, les théories du complot et renforcer la confiance du public.
L'astrophysicienne Sara Seager [3] (MIT) trouve intéressante l'idée d'utiliser les UAP comme outil éducatif pour apprendre à remettre en question ses hypothèses et à reconnaître la désinformation.
Le rapport suggère que l'Agence spatiale canadienne pourrait gérer les données publiques sur les UAP, mais Seager propose que des universités jouent ce rôle, en combinant recherche, éducation et sensibilisation aux phénomènes naturels.
Le rapport Sky Canada ne visait pas à prouver l'existence d'extraterrestres, mais à améliorer la compréhension scientifique des UAP. Il cite le projet Galileo de Harvard, dirigé par l'astrophysicien Avi Loeb, comme un exemple prometteur d'analyse rigoureuse basée sur des données concrètes.
Le projet Galileo prévoit de déployer des observatoires équipés de capteurs et d'IA pour étudier les UAP aux États-Unis, incluant des objets potentiellement fabriqués par l'homme (ballons, drones, etc.). Loeb affirme que ses recherches seront utiles même si les objets s'avèrent non extraterrestres.
Il souligne aussi l'importance de la coopération internationale, notamment entre le Canada et les États-Unis, en raison des enjeux de sécurité nationale.
Enfin, Chris Rutkowski soutient les efforts visant à encourager les pilotes à signaler les UAP et à combattre la stigmatisation liée au sujet, tout en affirmant que la vérité est encore à découvrir.

Le professeur Avi Loeb de Harvard dirige le projet Galileo de l'université de Cambridge, dans le Massachusetts, qui recherche des signes technologiques de vie extraterrestre. (Crédit : Bryce Hoye/CBC)

[1] Chris Rutkowski, le plus grand expert canadien en matière d'OVNI, a été consulté par le projet Sky Canada pour son dernier rapport. Au cours des 35 dernières années, il a enregistré environ 25 000 rapports d'UAP de Canadiens dans le cadre de son enquête canadienne sur les OVNI. Une petite fraction des 700 à 1 000 signalés chaque année défie toute explication simple. (John Woods/La Presse canadienne)

[2] Des témoins témoignent devant des membres du Congrès lors d'une audience sur les phénomènes anormaux non identifiés (UAP) le 13 novembre 2024 au Capitole à Washington, D.C. De gauche à droite : le contre-amiral à la retraite de la marine Tim Galludet, l'ancien fonctionnaire du ministère de la Défense Luis Elizondo, le journaliste indépendant Michael Shellenberger et Michael Gold, ancien administrateur associé de la politique spatiale de la NASA et membre de l'équipe d'étude indépendante de l'UAP. (Crédit : Bryce Hoye/CBC)
